Registre National des Cancers de l’Enfant

Etude MOBI-KIDS France

MOBI-KIDS France : Technologies de communication, environnement et tumeurs cérébrales chez les jeunes

Investigateur Brigitte Lacour, RNTSE CHRU Nancy et INSERM UMRS 1153 - équipe EPICEA
Période d'étude 2009-2015
Objectifs

L'étude internationale MOBI-KIDS a pour objectif d’évaluer le risque potentiel de tumeur cérébrale chez l’enfant et l’adolescent lié à l’exposition aux champs électromagnétiques générés par les téléphones mobiles et par d'autres sources d'exposition dans leur environnement.

Collaborations 

Global Health Institute Barcelona (IS Global), Barcelone (E. Cardis)

UMRESTTE, UMRT 9405, Lyon (M. Hours)

ARECEA (Association pour la Recherche Epidémiologique dans les Cancers de l’Enfant et l’Adolescent)

Registre National des Tumeurs Solides de l’Enfant (RNTSE, B. Lacour)

Financement

Commission Européenne (7th Framework Programme)

Fondation Santé et Radiofréquences (Appel à Projets 2008)

Fondation Pfizer (Appel à Projets 2011)

Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’Environnement et du Travail (APREST 2013 « Radiofréquences »)

INCa (subvention hors appel à projets 2013)

Ligue nationale contre le cancer (Appel d’offres « Adolescents et cancer » 2013).

Réglementation CNIL DR-2010-303 et DR-2012-490
Méthodes

L’étude Mobi-Kids est une enquête épidémiologique internationale prospective de type cas/témoins, impliquant 14 pays : Australie, Autriche, Canada, France, Allemagne, Grèce, Inde, Israël, Italie, Japon, Pays-Bas, Corée, Nouvelle Zélande, Espagne. L’exposition aux radiofréquences générée par l’utilisation du téléphone mobile est comparée chez deux populations parmi les jeunes de 10 à 24 ans :

- les cas : patients présentant une tumeur cérébrale primitive, bénigne ou maligne ;

- les témoins : patients opérés pour appendicite, appariés aux cas sur l’âge, le sexe et le département de résidence.

En France, l’étude s’est déroulée dans 16 départements représentant 7 régions : Alsace, Lorraine, Ile-de-France Petite-Couronne, Rhône-Isère, Hérault, Bouches-du-Rhône, Gironde.  Le recrutement des cas s’est fait de mars 2011 à décembre 2014. Les données ont été recueillies par interview en face à face à l'aide d'un questionnaire détaillé, portant sur des facteurs socio-démographiques, les lieux de résidence successifs, les différentes expositions à des facteurs environnementaux dont l'utilisation de téléphone portable. Ce travail de recueil et d’interviews des cas et des témoins s’est poursuivi jusqu’en avril 2015.

Parallèlement, des études de validation de données ont été menées : localisation précise des tumeurs sur un logiciel spécifique (Gridmaster), validation des diagnostics histologiques sur un échantillon de cas (20%) et vérification.

Les données déclarées par les cas et les témoins sur le temps d'exposition aux téléphones portables sont confrontées aux relevés des opérateurs téléphoniques.

Résultats

Sur le plan international, le recrutement a atteint en mars 2016 le nombre total de 901 cas et 1 922 témoins inclus. La France se place en troisième position des pays recruteurs avec un peu plus de 10% de la totalité des inclusions : 104 cas et 188 témoins inclus, soit un ratio de 1,8 témoins par cas, proche des 2 témoins par cas attendus.

Les analyses internationales sont actuellement en cours, prenant en compte les résultats des études de validation et des questionnaires non-répondants. Deux types d’analyses sont menées : une portant sur le lien entre tumeurs cérébrales et caractéristiques de l’utilisation des mobiles (en particulier nombre d’années, durée des appels, nombre d’appels), et l’autre en fonction de l’exposition aux courants électriques de basse fréquence (ELF) et aux radiofréquences (RF) à la localisation de la tumeur.

Des travaux spécifiques ont été menés sur l’estimation de l’exposition tenant compte des facteurs techniques liés au téléphone lui-même et au système de communication utilisé, mais également de la façon dont le téléphone est utilisé. Des algorithmes ont été développés pour évaluer le SAR (Specific Absorption Rate = Débit d’Absorption Spécifique) à la localisation de la tumeur pour les radiofréquences (RF) et pour les courants électriques de basse fréquence (ELF). Un algorithme pour l’estimation de l’exposition due à des dispositifs dans l’environnement général a également été développé.

Les résultats complets seront diffusés après les publications internationales.

Quelques données descriptives sont disponibles :

Population

Au niveau international, 901 cas et 1922 témoins éligibles ont participé à l’étude, dont 103* cas et 188 témoins dans l’étude française. Les moyennes d’âge étaient de 16,3 ans pour les cas et 16,0 ans pour les témoins en France, très proches de celles de l’étude internationale (16,5 et 16,6 ans respectivement).

Cas de tumeurs

La répartition selon la localisation montre une fréquence un peu plus élevée des tumeurs du cervelet et du tronc cérébral en France (25,6% et 12,0% versus 21,3% et 8,7% respectivement pour l’ensemble des pays), allant de pair avec une proportion plus importante de tumeurs médianes (34% versus 23%). On constate une très légère prédominance du côté gauche, que ce soit dans l’échantillon français ou pour l’ensemble des cas.

Expositions

La grande majorité des jeunes sont des utilisateurs réguliers du téléphone portable : 85,5% en France, 84,2 % pour l’ensemble des pays.

Le nombre moyen d’appels passés par jour est de 1,6 au début de l’utilisation du mobile, et de 3,7 pour l’utilisation plus récente. La durée quotidienne de communication passe de 5,4 mn/jour en début d’utilisation à 17,7 mn/jour pour l’utilisation récente. Il est néanmoins nécessaire de pondérer ces indicateurs d’utilisation dans l’analyse car les études de validation comme MOBI-EXPO montrent que les utilisateurs ont tendance à sous-estimer le nombre d’appels mais à sur-estimer leur durée.

Les autres sources d’exposition aux RF sont le WiFi, surtout à la maison (91% des cas), plus rarement à l’école (25%) ou dans d’autres endroits (17%). Quant aux expositions aux autres champs électromagnétiques basse fréquence, on trouve le chargeur de téléphone (45%), le sèche-cheveux ou lisseur (42%), le radio-réveil (31%), les plaques à induction (17%), la télévision (16%) et plus rarement, la station de base du téléphone sans fil (7%).

Publications 

Un site internet est dédié à cette étude : http://www.mbkds.com

Lacour B, Delmas D, pour l’équipe Mobi-Kids France. Etude MOBI-KIDS « Technologies de communication, Environnement et Tumeurs Cérébrales chez les jeunes ». Profession Cancérologue, 2010, 21(1) :26.

Rémen T, Delmas D, Hours M, Lacour B. Etude MOBI-KIDS : Technologies de communication, expositions environnementales et tumeurs cérébrales chez les jeunes [MOBI-KIDS study : Communication technology, environment and brain tumours in young people]. Revue d'Oncologie Hématologie Pédiatrique, 2014, 2 :4-29.

Sadetzki S, Eastman Langer C, Bruchim R, Kundi M, Merletti F, Vermeulen R, Kromhout H, Lee AK, Maslanyj M, Sim M, Taki M, Wiart J, Armstrong B, Milne E, Benke G, Schattner R, Hutter HP, Woehrer A, Krewski D, Mohipp C, Momoli F, Ritvo P, Spinelli J, Lacour B, Delmas D, Remen T, Radon K, Weinmann T, Klostermann S, Heinrich S, Petridou E, Bouka E, Panagopoulou P, Dikshit R, Nagrani R, Even-Nir H, Chetrit A, Maule M, Migliore E, Filippini G, Miligi L, Mattioli S, Yamaguchi N, Kojimahara N, Ha M, Choi KH, Mannetje A, Eng A, Woodward A, Carretero G, Alguacil J, Aragones N, Morales Suare-Varela M, Goedhart G, Schouten-van Meeteren AY, Reedijk AM, Cardis E. The MOBI-Kids study protocol: Challenges in assessing childhood and adolescent exposure to electromagnetic fields from wireless telecommunication technologies and possible association with brain tumor risk. Front Public Health, 2014, 2 : article 124.

Calderon C, Ichikawa H, Taki M, Wake K, Addison D, Mee T, Maslanyj M, Kromhout H, Lee AK, Sim MR, Wiart J, Cardis E. ELF exposure from mobile and cordless phones for the epidemiological MOBI-Kids study. Environ Int. 2017 Apr;101:59-69. doi: 10.1016/j.envint.2017.01.005.

Turner MC, Gracia-Lavedan E, Langer CE, Castano-Vinyals G, Momoli F, Kundi M, Maule M, Merletti F, Sadetzki S, Vermeulen R, Albert A, Alguacil J, Aragones N, Badia F, Bruhim R, Carretero G, Kojimahara N, Lacour B, Morales-Suarez-Varela M, Radon K, Remen T, Weinmann T, Yamaguchi N, Cardis E. Quantifying Nonparticipation Selection Bias in the MOBI-KIDS Study. 2017, en cours

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